Rester compétitif dans le monde de l'industrie est un véritable défi et nécessite de nombreux investissements comme, par exemple, le développement de nouveaux sites ou encore la modernisation d'une ligne de production. Comment maîtriser les risques de ses stratégies d’investissement industriel ? Lionel DIZERBO, Référent Commercial DEKRA Industrial à la Direction Buisness Line QHSE, nous explique que la réponse se trouve souvent bien en amont des projets.

15.09.2021
Temps de lecture: 3 minutes

 

Interview lionel

A quelles situations sont le plus souvent confrontés les chefs d’entreprises qui choisissent d’investir dans un nouveau projet immobilier industriel ?


Les imprévus peuvent être nombreux. Il faut espérer trouver la perle rare qui ne cause aucun préjudice au voisinage, collaborer avec les aménageurs fonciers qui peuvent définir des zones précises et exploitables ou travailler avec des communes qui auront défini en amont des zones industrielles.

Les contraintes d’implantation sont à prendre en compte le plus en avant possible des projets. Par exemple, la localisation d’un entrepôt est parfois contrainte par des limites d’implantation pour qu’en cas d’incendie, les bâtiments ou habitations avoisinants soient protégés. Les exploitants ont alors plusieurs choix : limiter la taille de l’entrepôt, utiliser un terrain plus conséquent ou mettre en place des systèmes d’extinction automatiques très couteux. 

Concernant la faune et la flore, l’artificialisation des sols est contrôlée par des règles de préservation pour les espèces en voie de disparition. Un projet peut ainsi être avorté à cause de colonies d’escargots impossibles à délocaliser !
De plus, les études faunistes et floristiques doivent être réalisées sur plusieurs saisons pour être représentatives. Certains projets peuvent donc prendre un an de retard. L’anticipation et le choix du terrain sont donc primordiaux.

Quelle place occupent les activités HSE dans un projet d'investissement immobilier?

L’idée est d’anticiper le plus possible les conséquences d’un accident ou d’un sinistre pour faire de la prévention. Les études historiques, les analyses de risque ou encore la modélisation, par exemple incendie, nous permettent d’identifier les éléments et équipements à risque.
L’animateur HSE est en réalité un préventeur. Il se positionne bien en amont de la sécurité : lorsqu’on limite le risque, le rôle de la sécurité s’amoindrit. Une bonne prévention permet de limiter beaucoup de coûts d’exploitation par la suite.

Quels sont les aspects principaux à avoir en tête lorsqu’un industriel recherche à s’implanter ?

A mon sens, ce sont principalement les délais administratifs. Ils sont souvent à l’origine de nombreux décalages. Tout projet rentre dans un carcan administratif. Le bâti simple rentre dans le code de l’urbanisme, alors que l’industriel dépendra également du code de l’environnement. Or, il existe autant d’administrations que de risques. Par exemple, lorsqu’un site industriel est proche d’une zone Natura 2000, les propriétaires et exploitants bénéficient de contrats spécifiques et doivent se référer au comité de pilotage (COPIL) désigné pour la zone.
Ces administrations impliquent certains délais qui nécessitent une bonne connaissance des contraintes administratives. Il faut pouvoir présenter son projet aux administrations le plus en amont possible pour estimer où il est possible de gagner du temps. 

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